Nous sommes passés en quelques années d’un WEB1.0 passif à un WEB2.0 narcissique pour finalement aboutir au WEB3.0 communautaire que nous connaissons aujourd’hui. Si j’écris « finalement aboutir » c’est qu’effectivement je crois que nous sommes en train de vivre la fin du WEB.

Cette prophétie sent bon, je vous le concède, l’accroche racoleuse à même de générer des clics et imaginée par une agence de conseils en stratégie marketing pour vous placer une conférence sur la transformation digitale. Mais non, c’est bien ma plume d’animateur de l’Institut de l’Éthique, association à but non-lucratif, que j’utilise aujourd’hui car ce dont il s’agit n’est au final qu’une question d’éthique.

L’avènement du « web » a été une formidable opportunité pour l’humanité en matière de liberté. Par sa structure même, plate, composée de réseaux indépendants mais néanmoins interconnectés, ce « world wide web » a pu résister pendant des années à une domination d’un acteur au détriment des autres. Un modèle d’anarchie contrôlée par le groupe, politiquement inédit !

Pour vous dire la vérité, j’ai longtemps cru d’ailleurs que l’acronyme WWW voulait dire World Wild Web ! Ça avait un côté plus romantique et l’imagerie d’un réseau géré par des libertaires barbus à cheveux longs devant un ordinateur de la Côte Ouest américaine fonctionnait à plein.

La complexité du système web 1.0 le réservait bien-sûr aux experts (mes barbus à cheveux longs), aux entreprises, aux universitaires et évidemment aux militaires ! Parler d’éthique à cette étape était donc peut-être un peu prématuré.

Avec l’avènement d’outils (créés par mes poilus) simplifiant et démocratisant l’accès au réseau, né le web 2.0 ! Un des progrès les plus significatifs de l’humanité en matière de liberté d’expression. Si, si, …

Chacun avait désormais accès au monde et pouvait librement communiquer, échanger, apprendre. Comme on ne se refait pas, le principal sujet est vite devenu son propre nombril. Un internet « Moi Je »…

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Je caricature bien-sûr (et j’espère que la photo de ce petit chaton me permettra d’avoir beaucoup de likes). Cette phase de maturité qui persiste toujours aujourd’hui a permis l’émergence de consciences politiques à tous les niveaux de la société et accompagné de véritables révolutions populaires. Elle est à l’origine d’aventures collectives puissantes et positives, ce qui en a fait l’un des terreaux les plus riches que l’humanité a connu pour nourrir une éthique individuelle.

Si personne ne s’accorde réellement sur une définition du web 3.0 – ce qui est bien pratique pour mon propos – je retiendrais celle, assez populaire, de l’avènement de l’internet mobile en ce qu’il concerne à la fois la technologie et l’usage. L’homme grâce à son appendice électronique devient une composante même de la toile d’araignée. A la fois capteur et émetteur, il devient réseau. Bon, il devient surtout une machine à produire de l’émotion, à réagir, peu importe comment et sur quoi tant qu’il fait tourner. Car la bête s’est emballée et doit produire. Ceux qui regardent leurs comptes Facebook, Twitter, LinkedIn et autres, dès le petit-déjeuner comprendront : imaginez qu’un matin, rien de neuf ne s’affiche sur vos écrans. Je ne parle pas d’une panne de votre Apple à 1500 euros, de votre Wifi ou de la 4G, non non : vous n’avez rien de plus sur vos timelines que la veille !

Première réaction. En fait je ne sais pas moi-même quelle serait ma première réaction pour être franc ! J’allumerais probablement France-Infos pour avoir du bruit et un flot d’informations. Rassurant. Ca ne me concerne plus vraiment mais … rassurant.

Deuxième réaction ? Je regarderais en sens inverse (pas à l’envers !!!). L’oeil se ferait très bien probablement à ce inversion du flux d’images et de textes d’autant qu’il procédait dans ce sens à l’époque où on lisait des textes de plus de 4 lignes… Le pouce par contre ? On risquerait la tendinite. Attention.

Alors bien-sûr on continuerait d’y aller de notre petit commentaire. Mais très vite on se rendrait, quand même, compte que personne ne pourrait plus le lire ! Oui l’homme préfère admettre d’abord l’inutilité de ses actions avant la vacuité de son existence…

Du coup, il est probable qu’on quitterait ces applications. Pas pour aller loin du reste, « Clash of Clans » n’ayant pas encore été désinstallé !

Mais revenons à nos autres moutons et plus particulièrement à ce concept de FLOW 1.0

Les pères fondateurs du WEB 3.0 ne pensaient probablement pas une seconde au bordel que les réseaux sociaux allaient engendrer. Hors, faire de l’argent nécessite un minimum de règles et d’ordres. Et faire de l’argent, beaucoup d’argent, c’était quand même le but. D’ailleurs quelle est la « Mission » de Google (qui a bien compris comment faire de l’argent) : « organiser les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous ». Et il faut bien dire que ces toiles d’araignées superposées et imbriquées les unes dans les autres, c’est pas génial pour retrouver ses petits…

Donc se sont imposés les vortex numériques !

 

Vous avez vu ? Non, bon en fait il n’y en a pas dans cette bande-annonce mais ça me faisait plaisir de partager des images d’un de mes films préférés et vous pourrez y voir (en plus de Jodie Foster dans son meilleur rôle) un des vortex de cinéma les plus spectaculaires !

Pour donner un peu d’ordre à ces données et d’éviter d’en perdre, car un sous c’est un sous, les flux sont l’idéal : un flux, ça avance dans la direction donnée, ça bouge quand même à l’intérieur donc on conserve un sentiment de liberté et surtout l’énergie centrifuge développée réduit les tentatives de dissidence à néant. Et ça n’a rien de cynique, c’est juste de la physique des masses !

Les différents algorithmes qui déterminent ce que nous lisons, écoutons, voyons sur Internet et les Réseaux Sociaux, sont les éléments structurants de ces flux. Evidemment, ce n’est pas par altruisme de la part de leurs développeurs, mais bien parce qu’ils permettent, à la manière de tamis, de faire des « petits tas » (avouez que c’est moins anxiogène que « cibles ») exigés par les annonceurs.

Ce Flow 1.0 est-il dangereux ? Oui si on aime un peu notre libre-arbitre… Est-il pérenne ? Ben non, c’est pour ça que j’ai déjà breveté Flow 2.0 et Flow 3.0 !

Restons connectés

François

Published On: octobre 17th, 2017 / Categories: éthique.biz, Humeurs Marketing /

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