[Déjeuner pascal en famille. Et comme on dit chez nous : gigot d’agneau, mémé aux fourneaux] – Alors Mathilde, ma chérie, dis nous ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grande ?
– Moi plus tard je ferais starteupeuse.
– Starteupeuse ? Oh … comme ton père ! Tu as entendu mon minou ? Tu as vraiment une bonne influence sur ta fille. C’est difficile ma chérie tu sais, il faut beaucoup travailler, être très courageux comme lui. [oui vous avez noté que ma mère est très objective et m’appelle encore mon minou à 42 ans mais ça, le premier qui le répète …]

– Ah non mamie, moi je veux pas être consultante, je veux gagner de l’argent. Je préfère être starteupeuse : une idée, une levée de fonds, je revends tout de suite et après je m’installe en Californie, wouesh !
– …
– …

[oui il y a vraiment eu un long blanc]

– Quelqu’un veux encore un peu de gigot ?

Vous l’avez compris, cette humeur va être consacrée AU phénomène de mode de cette dernière année : les Start-Up !

Qu’est-ce donc qu’une Start-Up ?

Wiki a dit qu’une Start-Up était « l’avenir de la nation, une entreprise merveilleuse qui n’a pas de représentants syndicaux, où l’on travaille dans la joie sans compter ses heures, les yeux à 20 cm de l’écran, le dos courbé et un casque dans les oreilles, payé en fantasmes, indemnisé en espoirs … ». Euh je crois qu’il faudrait peut-être qu’ils vérifient leurs contributeurs nos amis de wikipédia car ça c’est du hackeur-medef ou je ne m’y connais plus.

Non une Start-Up c’est …

Deux types de 22 ans, à peine sortis de la JE d’une école de commerce et pas encore dessaoulés de leurs soirées du jeudi qui s’associent pour lancer une application révolutionnaire qui permet de publier un texte de 77 caractères et de le montrer au Moooooonde. Oui c’est comme Twitter mais en mieux car on peut même changer la police et la couleur des mots et en plus ils ne feront pas la même erreur que ces cons de ricains : ce sera payant pour écrire ET pour lire !

Leur programme : ben surtout, surtout, devenir les Maîtres du Monde dans 3 ans en revendant leur affaire à Google ou Amazon pour 250 millions de dollars. Oui on est en France, on parle en millions de dollars, pas aux Etats-Unis où on parle en milliards d’euros. Comme ils ne veulent pas casser leur Livret A, le papa de l’un a trouvé un business-angel provincial qui veut s’encanailler à la Capitale et la maman de l’autre connaît le filleul de la tante du chef de service qui travaille à côté du responsable de la pépinière d’un grand groupe où, à défaut d’avoir des idées, on a de l’argent.

Ah, désolé, on me dit dans l’oreillette que je suis un vrai has-been frustré : on ne parle plus de pépinière mais de Start-Up Program et de Business Lab’ !

Parce que nos 2 compères sont français, ils font leurs présentations Powerpoint en anglais : ça valorise les business-angels provinciaux, ça en jette au près des grands groupes et le jour où kickstarter.com autorisera les français à participer, ils seront prêts à lever 50 millions de dollars pour leur appli. Bon il faudra aussi qu’ils la traduisent en vrai anglais car à l’école les cours de langue c’était le vendredi matin …

L’appli est lancée.

C’est vrai, les débuts sont difficiles : 4 téléchargements par jour … mais c’est du qualitatif. La preuve : près de 20% laissent leur adresse e-mail. OK 90% sont des anciens potes de l’ESC mais quand même …

Au bout de 2 mois ce faignant de développeur demande à recevoir un chèque ! Un chèque ??? Complètement 2013 … On le vire.

Le notaire ne monte plus aussi souvent.

Le CEO a été promu au Libéria pour monter la filiale. Après tout c’était un spécialiste en Start-Up.

Le chef d’agence n’est en fait qu’un sale con de banquier et en plus c’était pas le chef de l’agence.

La moitié du Livret A de l’un a finalement payé l’URSSAF. La moitié de celui de l’autre a permis d’acheter le Kotler-Dubois Edition 19. C’est marrant, en fait ils n’auraient peut-être pas dû sécher les cours de marketing, mais c’était le jeudi aprés-midi …

Restons connectés !
fg

Published On: mai 13th, 2015 / Categories: Humeurs Marketing /

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