Comme des millions d’entre vous, je me suis pourléché les babines lundi soir dernier devant la finale de TopChefs. Quelle belle idée de proposer un avocat-pamplemousse comme dessert ! Je me suis d’ailleurs dit : Tiens, je fais faire demain aux gosses un salsifis-langue de bœuf, vont adorer … Bizarre, le couteau à la lame orange je l’ai eu, mais sous la gorge … et finalement on s’est régalé d’une cassolette confite gratinée … de raviolis. Je me demande si ce n’est quand même pas un peu la gruge cette affaire ?

Quoi qu’il en soit, et à la demande générale, Humeurs Marketing est heureux de vous présenter LA recette tant attendue pour faire un bon marketeur !

Tout d’abord, comme le disent très bien les chefs étoilés dont je veux bien faire la promotion moyennant une petite invitation de rien du tout, la cuisine c’est d’abord de bons produits. En marketing, c’est pareil : pour faire un bon marketeur, il faut d’abord un bon marketeux. Et c’est là que les choses se compliquent.

Soyons clairs, évitez les femelles : que des ennuis. Les résultats de la magnifique enquête sur le moral des responsables marketing sont nets (http://t.co/KpaSVJx8ZC) : les marketeuses sont déprimées et la déprime c’est pas bon … Beaucoup trop d’acidité, pas de croustillant, limite un arrière-goût d’aigreur. Même si le coût de revient est moindre, ne prenez pas de risque, faites le choix d’un mâle.

Marketeux d’élevage ou marketeux fermier ? Evidemment, un marketeux d’élevage vous fera rapidement de jolies présentations à la con, pleines de termes savants et de copier/coller de concepts fumeux. Néanmoins tous les élevages ne se valent pas et en règle générale ont la fâcheuse tendance de produire des chapons … Sans compter que les industriels type MonESCanto produisent des semences de plus en plus standardisées voir en douce y rajoutent des hormones … Non vraiment, partez plutôt sur un marketeux fermier. Si les chaires sont trop tendres, mettez le avec votre troupeau de vendeurs, pendant quelques mois mais pas plus (nous luttons nous aussi contre le gaspillage).

Où trouver un bon marketeux fermier ? J’aurais tendance à vous conseiller un élevage type ENSAE/ENSAI. Ils ne connaissent rien au business (comme les autres) mais le savent, eux. Le gros intérêt est que vous n’aurez pas à les faire mariner dans une formation Datamining et que moi j’aurais enfin fait un geste envers mon ancienne école …

Passons maintenant en cuisine !

Le marketeux ne se conserve pas longtemps. Sa DLC est courte et un marketeux blette c’est franchement pas bon. Non, un marketeux se cuisine tout de suite. Mais n’oubliez pas l’accompagnement. Une fricassée de visites terrain, un méli-mélo de coaching, une tapenade d’affiches à colorier font souvent une bonne garniture. L’assaisonnement est décisif comme toujours et fera la différence : pour ma part, je recommande une pincée de KPI, un filet de projets secrets et surtout, surtout, le coulis de bonus médian des Ventes.

C’est tout. Oui le marketeux ne se cuisine pas trop. C’est un produit délicat qui ne supporte pas d’être trimballé, tripoté, maltraité. Pour profiter de sa saveur et de son goût, laissez le simplement s’exprimer naturellement.

C’est le moment de la cuisson !

La partie la plus simple de la recette car le marketeux se cuit de toutes les manières, suivant les goûts de chacun. Je vous présente donc selon les types de gastronomes, les cuissons les plus souvent demandées.

  • Le Directeur Marketing : se croit être un fin connaisseur mais son palais est un peu trop déformé avec le temps. Il a besoin d’un sur-assaisonnement pour apprécier la saveur. Généralement, se dit qu’il aurait mieux cuisiné lui-même et est surtout angoissé par l’impression que son jugement sur le plat va laisser. De fait, il va essayer de se rassurer en demandant d’abord l’avis de tout le monde, va renvoyer le plat plusieurs fois en cuisine (sans y mettre les pieds bien entendu), aura du mal à payer l’addition, ira sur le site communautaire de son agence de comm préférée pour lire les commentaires et les autres recettes. Sa préférée quand même : le marketeux roti. C’est doré, ça impressionne, mais ça se coupe en tranches et il en reste pour le soir …
  • Le Directeur Financier : frustré de ne pas être dans le plat, il considère que le rapport qualité-prix n’y est jamais. A la recherche du poil dans l’assiette, il va déstructurer sa composition, faire le difficile sur l’assaisonnement, proposer de réduire les portions. Son goût : le marketeux au grill.
  • Le Directeur Informatique : lui, commande surtout à domicile pour manger devant sa télé. Le DSI n’aime pas trop le marketeux. Il trouve que c’est souvent trop compliqué et pas facile à digérer. Il n’aime pas les fioritures autour et va demander naturellement de le cuire à l’étouffée.
  • Le Directeur Commercial : un habitué ! Il ne mange le marketeux qu’en tartare. Sans doute son côté homme des cavernes, gourdin à la main, revenant de la chasse dans la savane en poussant des petits cris …, enfin vous voyez le topo. Son plaisir : arracher la chaire crue des petits os où il n’y a en fait rien à manger mais où ça fait mal …

Bon appétit !

fg

 

Published On: avril 16th, 2015 / Categories: Humeurs Marketing /

Ne ratez pas le dernier égoBlog !

Promis, nous n’utiliserons pas vos données à d’autres fins.

Add notice about your Privacy Policy here.