Remercions Michel-Edouard Leclerc d’avoir, par son talent de communiquant, son goût de la transgression et la puissance de ses RP, exprimé une voix/voie différente sur le sujet des prix d’achat dans l’agro-alimentaire.

Ce dont il est question aujourd’hui est en effet d’une importance capitale, structurelle et sociétale telle, qu’elle devrait faire l’objet d’un débat public beaucoup large. Car la seule solution viable résidera largement dans cette « publicité » au sens qu’elle passera nécessairement par une prise de conscience générale et un changement de nos comportements.

Soyons francs, au risque d’être cyniques. Que le débat s’établisse sur le cas du lait est une chance. L’imagerie est bucolique, les rôles des gentils et des méchants facilement distribuables, la problématique quasi-simpliste et notre empathie maximale. Pour autant, ce sujet ne concerne évidemment pas que la filière agricole. Bien-sûr, le fait que certains agriculteurs ne puissent se verser que 350 euros par mois aurait tendance à relativiser la situation des autres travailleurs pauvres. Mais hiérarchiser la pauvreté est-il digne d’un pays riche et développé comme le notre ?

Les questions et les sujets de réflexion ouverts par ce débats sont nombreux. Le niveau de « reste-à-vivre » mensuel acceptable pour tous en est un, fondamental. Le rôle de l’État dans la fixation des prix en est un autre. L’harmonisation internationale, la pression financière de rentabilité nette à 2 chiffres, l’hypocrisie des consommateurs avides de consommer plus en payant toujours moins cher … Oui le champ d’analyse est vaste.

Que l’État décide d’intervenir est une bonne chose, il est dans son rôle quand les acteurs économiques faillissent. Mais quelle législation par exemple empêchera un acheteur de la « Grande » Distribution de profiter de cette double aubaine : monter les prix de vente comme ses concurrents, autorisé en cela par une entente généralisée et développer, discrètement, ses achats de lait à l’étranger grâce à la libre circulation des biens en Europe ?

Nous ne sommes pas un mouvement politique mais simplement des professionnels convaincus. Convaincus que la seule solution réaliste en l’occurence réside dans le développement d’un achat éthique et, plus exactement, de pratiques éthiques des achats.

Oui on peut toujours négocier plus bas, oui on peut faire pression et exiger plus, tant que le rapport de force est en notre faveur, oui les acheteurs ne forcent personne à leur vendre, oui les vendeurs en gardent toujours sous le pied …

Mais est-ce pour autant ce que nous souhaitons ?

Le débat est ouvert et l’Institut de l’Éthique, association loi 1901 à but non-lucratif dont l’objet est de promouvoir les pratiques éthiques dans l’entreprise, est prêt à y participer. Et vous ?

 

Published On: octobre 12th, 2017 / Categories: éthique.biz, Humeurs Marketing /

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